Traduction française de cet article:
Les passants se peinturent les pieds
Une marionnette, artiste peintre, toute en blanc enchante les passants un jour d’été dans la vieille ville de Jörg Kolesza
Une de ces matinées si poétiques… les passants s’agglutinent autour d’une marionnette blanche qui se marre bien. On est samedi, un jour d’été dans la vieille ville.
Dans une heure il sera midi. Le Néerlandais Steven L. Groenen tient son alter ego sur les genoux : une marionnette déguisée en peintre, toute de blanc vêtue qui tient une palette blanche. D’ailleurs, cette marionnette est toute en blanc. Les chaussures du marionnettiste sont en même temps celles de sa marionnette en délire.
La marionnette, affublée d’un béret basque et d’une moustache à la Guillaume II, s’appelle François Blanc. Elle communique avec les passants amusés tout en gesticulant avec son pinceau. Groenen s’est inspiré des artistes français pour créer son peintre clownesque qui peint en blanc la toile blanche.
Groenen s’y connait en peinture, n’a-t-il pas fréquenté une académie des arts bien qu’il ne pense pas être assez doué pour suivre une vocation d’artiste. « J’ai préféré créer cette marionnette ».
Les enfants avant tout sont tombés sous le charme de la marionnette. Ils s’éclatent. L’homme en blanc, un peu autoritaire sur les bords, leur fait des farces. Il invite les enfants à se peinturer le nez, à effacer les éclaboussures de peinture sur le pavé. Certains parmi eux hésitent : je le fais, je ne le fais pas. Les parents s’en amusent.
Le marionnettiste, âgé de 35 ans et originaire d’Eindhoven, a de la peinture dans les cheveux et sur les joues. De temps à temps, François Blanc se retourne vers lui et lui passe le pinceau à travers le visage. Il a les rieurs de son côté. Lea Niclas, trois ans, sourit quand le peintre lui chuchote quelques mots à l’oreille.
Les enfants ne font pas tout ce que la marionnette leur dit: Le jeune garçon, Philip Chatzitolios, âgé de 12 ans, suit la scène avec intérêt : « Il lui a demandé de toucher son nez avec la pointe du pinceau, mais il lui a parlé en français ». Alors Lea s’est sauvée en rigolant. «Mon François», raconte le marionnettiste Groenen, «se met toujours à l’unisson du public. Si les spectateurs dépassent les bornes, François leur répond sur le même ton». Mais ce n’est pas le cas ce samedi. Aucun incident à signaler, seuls quelques passants se peinturent les chaussures.
Le marionnettiste Steven Luca Groenen avec sa création, François Blanc. Photos : Oliver Dietze
Traduction française de cet article : Saarbrucher Zeitung 20 juillet 2009
« Un sourire me fait chaud au cœur » - Un éléphant aussi vrai qu’un conte puisse l’être
Toute la magie d’un théâtre de cirque sur la place Rodenhof, un moment fort pendant ces dix jours de théâtre de rue, « la Sommer-Szene ». Un maître de l’improvisation modeste : le marionnettiste Steven Luca Groenen lors de la « Sommer-Szene.
Souvent, ce sont les arts discrets dont émane une magie particulière. Le marionnettiste Steven Luca Groenen en fait partie et pour discret qu’il soit – sans prononcer un seul mot – il met sa fantaisie au service de son compagnon en plâtre, François Blanc, qui joue avec des enfants, des adultes, voire un petit chien.
Saarebruck : La fermeté avec laquelle François Blanc donne ses instructions, ne tolère aucune objection. D’un œil sévère, il dévisage la fillette qu’il a fait venir d’un geste sur la scène. Il lui fourre un chiffon dans les mains et montre les éclaboussures de peinture par terre. Aucun son ne franchit les lèvres de l’artiste au visage peint en blanc mais on saisit très bien ce qu’il veut. En rigolant, la petite se met à nettoyer le sol. Mais quand François lui intime de peindre ses chaussures en blanc, la fillette refuse. Mais dès que François lui permet de peindre ses chaussures à lui, alors, elle obtempère.
Les pieds de la marionnette François sont en fait les pieds de Steven Luca Groenen. Sa main droite, gantée de blanc, joue la main droite de François avec laquelle Groenen se dispute de temps à autre en chuchotant.
Depuis sept ans maintenant, Steven Luka Groenen parcourt le monde avec François Blanc, sa marionnette, Ils se présentent ensemble à des festivals en Allemagne et en France et « comme je travaille sans proférer un mot, mon spectacle est universel », il est également monté sur scène au Groenland et à Hongkong. Cette année, il participe pour la première fois au festival « Sommer-Szene » du théâtre de rue. Samedi, il jouera devant la chapelle « Deutschherrnkapelle », dimanche au parc de la ville de Dudweiler et aujourd’hui, il sera présent au Jardin franco-allemand.
Chaque représentation est une surprise – également pour moi, dit le marionnettiste. « C’est toujours surprenant car je ne sais jamais à l’avance ce qui va se passer ». Son programme établi ne dépasse pas les 15 minutes. « Tout le reste s’enchaîne du fait que je fais monter des spectateurs sur scène », c’est ainsi que Groenen décrit son don d’improviser en interaction avec le public. La rencontre avec le petit chien qui, tout en bougeant sa queue, reçoit sa goutte de peinture sur le nez, comme c’est arrivé samedi soir, est un véritable « cadeau » selon Groenen.
C’est avec son humour délicat et souriant que Steven Luca Groenen charme son public. Sa modestie le rend encore plus sympathique. A la question quand pour lui, un spectacle serait réussi, il répond « dès que je vois un sourire sur les visages autour ». Mais qu’il a été récompensé en 2004 à Gand du prix Luc-Vincent pour sa prestation de François Blanc, non, cela il ne le dit pas.